Le soutien social et l'utilisation d'une salle d'urgence chez des sujets en demande d'aide psychologique
Mireille St-Pierre
03-2224902

RÉSUMÉ

Cette étude porte sur le rôle du soutien social dans l'utilisation d'une salle d'urgence chez des personnes qui sont en demande d'aide psychologique. Avec la désinstitutionnalisation et la réforme du système de santé, plusieurs personnes atteintes de troubles mentaux se sont retrouvées sur la rue. Leur problème est souvent complexifié par la présence d'un « double diagnostic », ou par l'absence d'un domicile fixe. Les personnes aux prises avec ces problèmes sont susceptibles d'avoir recours aux salles d'urgence des hôpitaux pour recevoir des soins. Quelques auteurs se sont même intéressés à la nature des besoins se rattachant à la fréquence d'utilisation des services d'urgence et se sont demandé si les conditions atmosphériques pouvaient affecter l'achalandage d'une salle d'urgence. L'intérêt croissant des auteurs pour le soutien social en a amené plusieurs à identifier celui-ci comme étant un facteur de protection pour les personnes atteintes d'un trouble mental. Ils s'entendent tous à ce sujet et ce, malgré la diversité des instruments de mesure de soutien social et le manque de consensus entre les différents auteurs sur les renseignements à recueillir lors d'une investigation à ce sujet. Certains auteurs avancent que le soutien social a un effet protecteur pour l'étiologie des troubles, tandis que d'autres soutiennent que cet effet s'exerce sur la symptomatologie des sujets présentant déjà un trouble mental. Ce projet a pour but de vérifier s'il est possible d'établir un lien entre, d'une part, différents aspects du soutien social de sujets en demande d'aide psychologique et, d'autre part, le nombre de visites enregistrées dans une salle d'urgence générale. De plus, il permet d'évaluer la possibilité que la température extérieure et des conditions atmosphériques moins favorables aient aussi un effet sur la fréquence des visites à l'urgence. Pour réaliser ces objectifs, 143 personnes habitant la région de Montréal ont été rencontrées. Ces personnes consultaient l'urgence d'un hôpital général du centre-ville pour un motif autre que biomédical. Rencontrées entre les mois de février et juin 1991, ces personnes ont été questionnées sur leur symptomatologie à l'aide d'une version extensive du Brief Psychiatric Rating Scale (BPRS), ainsi que sur leurs habitudes de consommation d'alcool et de drogue à l'aide du Diagnostic Interview Schedule III-R (DIS III-R). De plus, une fiche signalétique, de même que des questionnaires de données socio-démographiques et de données complémentaires ont été remplis afin d'amasser de l'information sur le soutien social et les températures enregistrées lors des visites à l'urgence. Après un premier contact à l'urgence de l'hôpital, les personnes étaient rappelées et rencontrées dans les heures, voire les jours suivants. Les résultats ont démontré que le soutien social peut en effet influencer la fréquentation d'une salle d'urgence et ce, en dépit des symptômes éprouvés, car c'est le sujet sans domicile fixe qui possède un réseau de soutien social peu étendu et qui a un nombre de contacts restreint avec les membres du réseau qui visite le plus l'urgence de façon répétée au cours d'une période donnée. Toutefois, le nombre de visites diminue lorsque la température extérieure devient plus chaude. Les caractéristiques relationnelles du soutien social ne jouent toutefois aucun rôle dans le modèle.

28 juin 2001